Transgresser la Torah, la plus belle mitsva des Hassidim de Loubny

Selon la pensée Hassidique, Roche Hachana, le Nouvel An juif, est une période propice pour se recueillir sur les tombes des Grands Maîtres du judaïsme. Si le pèlerinage à Ouman (Ukraine) sur la tombe du Rabbi Nahman de Braslav est le plus grand et le plus célèbre avec ses 30 000 hassidim venus du monde entier, d’autres lieux de pèlerinage plus confidentiels rassemblent diverses communautés ultra-orthodoxes à Roche Hachana.

C’est le cas de la ville de Loubny  en Ukraine où se réunissent chaque année, après avoir abandonné femme et enfants pendant 1 semaine, les Hassidim de ce bourg (les Loubnyker) autour de la tombe de leur Rabbi, le Gaon Yehezkiel Szagall (1712 – 1786).

La pensée Loubnyker

Le Gaon Zsagall, génie méconnu (et probablement incompris) de la Torah, a développé une hassidout originale, à tendance cabalistique. Sa pensée qui s’appuie essentiellement sur la relation du Hassid avec le monde qui l’entoure est développée dans un ouvrage, le Séfer Boré HaNefachot (le Livre du Créateur des Vivants), rédigé en 1763. « La sentence Kol Israël Arevim Zé LaZé (Tout Juif est responsable l’un de l’autre) est un principe de solidarité entre tous les Enfants d’Israël. Cela signifie que non seulement nous sommes tous responsables les uns des autres, mais également que nous SOMMES chacun les uns et les autres. Ainsi, chaque Âme Juive porte en elle l’intégralité du Peuple Juif. Nous sommes donc responsables nous-même de nous même et donc, par extension, du Peuple Juif dans sa globalité. Si nous faisons une faute, c’est tout le Peuple Juif qui fait la faute. Il faut donc travailler à être les plus purs et les plus saints pour que notre Âme et toute l’Âme Sacrée du Peuple Juif que nous portons en nous s’élève » (Boré HaNefachot, 3:25).

Un peu plus loin, l’auteur poursuit : « lorsque l’Homme est Parfait, il ne permet plus au Yetzer Hara (mauvais penchant) de le corrompre. Il atteint la pureté réservée habituellement aux anges et goûte alors les plaisirs du Gan Eden de son vivant » (Boré HaNefachot, 4:12).

Cependant, le Gaon Zsagall sait parfaitement que l’Homme ne peut être parfait : « la Perfection absolue contredit l’enseignement de nos Maîtres et de notre Sainte Torah. Que seraient Roche Hachana et Yom Kippour si nous n’avions aucune faute dont nous devrions nous repentir ? » (Boré HaNefachot, 5:4).

S’acquitter d’une transgression ?

Prenant fidèlement au mot les paroles sacrées de leur Rabbi, les Hassidim de Loubny vivent un judaïsme pur extrêmement respectueux de la Tradition. Oysher Boruch, de Bné Brak déclare avec humilité : « nous ne savons pas ce qu’est le Yetzer Hara car nous avons réussi à atteindre un niveau de piété et d’étude qui nous met à l’abri de toute mauvaise pensée. Nous portons en nous tout Israël et nous en sommes responsables. Si, has veshalom, il nous arrivait de commettre une avéra (transgression), quelles en seraient les conséquences pour le Peuple Juif ? C’est pourquoi, nous ne faisons aucune faute, nous respectons, barouch hachem, toutes les mitzvot scrupuleusement. Nous arrivons, à l’approche des jours de Roche Hachana et de Yom Kippour purs et saints ».

Refouel Feivel d’Anvers explique « nous sommes confrontés à un paradoxe : nous demandons à Hakadoch-Baroukh-Hou de nous pardonner pour des fautes que nous savons pertinemment ne pas avoir commises. Comment, has veshalom, pouvons-nous Lui demander cela ? Comment Lui demander avec Emouna de nous pardonner ? C’est pour cela que notre Rabbi (zal), nous a autorisés à accomplir une seule transgression la veille de Roche-Hachana. Ainsi notre prière est parfaite et sincère. L’année dernière, je suis allé au cinéma voir un film, c’était quelque chose comme Oy Story 3. Cette année, je n’ai pas encore regardé le programme édité à notre attention par la mairie de Loubny. En cas de force majeure ou si toutes les salles sont combles, il reste toujours la télé… »

Quand nous leur avons demandé ce qu’en pensaient leur famille, un jeune Hassid anglais nous a dit, tout en feuilletant un livre pour enfants avec des images : « il y a une clause implicite de confidentialité sur nos actes qui sont, de toute façon pardonnés à l’issue de nos prières. Et puis, nos femmes ne pourraient pas comprendre la signification profonde de nos transgressions, alors nous ne disons rien ».

Schlemiel, soucieux, va questionner son Rav : il a acheté le dernier magazine sur Bar Refaeli qui annonce qu’elle devient Tsniyout  et ne sait pas si cette lecture lui permet de s’acquitter de la transgression.

Un émouvant exemple de piété.

Auteur: Oyshkenaze

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2 réflexions sur “Transgresser la Torah, la plus belle mitsva des Hassidim de Loubny

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