Buffet chinois, la nouvelle mode

Maurice est dépité. Tout cet argent parti en fumée. Il n’en dort plus.

Rappel des faits :  Aout 2012, soit 12 mois précédent l’événement, c’est souvent le temps qu’il faut pour préparer une bm comme il se doit.
« La BM, la BM ça voulait dire… Qu’on est plumé « chanterait en ce jour Charles Aznavour à la sauce La Vérité Si Je Mens.

Maurice souhaitait pourtant le meilleur pour son fils, à commencer par le traiteur: buffet international (scandinave, israélien, japonais, chinois. ..).
C’est ce dernier qui lui a été fatal. Alors qu’il cherchait un traiteur correspondant à ses exigences, Maurice tombe sur une annonce dans un journal communautaire local :
« Tang frères, les meilleures réceptions cachères »

« Je n’ai pas vu la supercherie de suite » confie notre homme, la soixantaine passée. »Bien sur, quand j’ai vu la teouda « Made in china » je me suis dit c’est étrange mais bon de nos jours tout vient des pays de l’ouest. « 

Maurice y était aussi, apparemment…
« Au début de la réception, le buffet était sympa, bien présenté, garnis a souhait. Certes un peu trop chinois à mon goût mais les invités avaient l’air d’apprécier. Surtout le stand de mini boeuf.

Une présentation typique locale. Il y avait foule au stand. La viande était extrêmement tendre:  » Tout le monde venait me féliciter pour cet excellent traiteur : « on n’a jamais mangé quelque chose d’aussi fin. » me disaient-ils »

L’équipe photo était également locale. On entendait « Photo photo », « photo photo » un peu partout dans la salle, plus de 20 photographes présents, du jamais vu.

On se serait cru à la Tour Eiffel. Effet garanti !
La salle justement. Parlons-en. Une salle typiquement locale. Rue de Choisy dans le 13eme arrondissement de Paris. Un prix défiant toute concurrence. 300 euros seulement la soirée !
Seul souci, la salle était partagée en 3:  La Bar-mitsvah ainsi que 2 réceptions boudhiste.
Les musiques folkloriques donnaient également un aspect très local à la soirée.

pour le reste, tout se deroula normalement. Filet de bar et ses endives braisées, roti de veau et sa sauce champignons…C’est quand arrive le buffet dessert que Maurice commençe à trouver les choses louches.
En effet, en allant voir ce qui se passait en coulisses, Maurice tombe nez à nez avec 3 chiots, 2 porcs en travers, et une horde de panga d’élevage dans leur aquarium.
Mr Tang essayait tant bien que mal de trouver des excuses, expliquant que c’était la marchandise pour les réceptions boudhistes mais que nenni. Le mal était fait.
Comment expliquer cette arnaque à ses invités ? Impossible.
« Les menaces du traiteur ne m’ont pas laissé le choix, je n’ai rien pu dévoiler c’est pour cela que je vous en parle, pour éviter que d’autres tombent dans le panneau. J’avais trop peur de finir en neme. »
Et de continuer : « Je ne comprends pas comment j’ai pu me laisser berner. Des années à travailler avec les asiatiques, avec mes boutiques dimport export dans la confection canine, une niche à l’époque. « 

Aujourd’hui, maurice vit cloîtré dans son 8 pièces, rue de Passy, et n’en sort quasiment plus. « Je crois que je vais faire mon alya » conclu t il.  « Il en va de ma sécurité ».

A l’heure où nous écrivons ces lignes, Maurice vivrait selon nos indications à Netanya, dans un duplex certes, mais l’esprit libre. Terrible coup du sort, en bas de son immeuble se trouve « Sini, plaisir d’Asie ». Un traiteur, lamehadrine min lamehadrine

Auteur: Anne Hönym

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